Portail du Département de l'Eau
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I- LES RESSOURCES EN EAU DU MAROC: UN CONTEXTE FRAGILE
Le contexte hydrologique du Maroc reste principalement influencé par une irrégularité annuelle et une variabilité interannuelle très marquées des précipitations et d’une disparité de leur distribution spatiale. A- Une ressource irrégulière dans le temps : Les précipitations totales, estimées en moyenne à 140 Milliards de m3, varient selon les années, dans un rapport de 1 à 5, de 50 à 250 Milliards de m3, ce qui est d’une excessivité déconcertante. Ces précipitations sont généralement concentrées dans les mois pluvieux de fin d automne et d hiver (Nov., Déc., Janv. et Fév.) et ne tombent que pendant un nombre de jours limité estimé à prés de 20 jours au Sud et de 70 au Nord du pays. Les écoulements superficiels, somme toute limités, sont l’effet de quelques crues, au demeurant brèves et intenses. Dès lors le Maroc n’a guère le choix, ou il assure le stockage pour un usage étalé dans le temps, ou il livre une grande partie de ses eaux en offrande à la mer. Par ailleurs, le Maroc est fortement vulnérable à la sécheresse.L occurrence d épisodes secs plus ou moins longs est une caractéristique dominante du régime des ressources en eau du pays, comme ce fut le cas durant les périodes 1980-85 et 1991-95 et pendant lesquelles les apports annuels avaient subi une baisse drastique, leur niveau n’atteignant parfois pas le tiers des apports moyens. B- Une ressource inégalement répartie dans l’espace :
Les précipitations au Maroc connaissent des variations très importantes d une région à l'autre en allant du Nord vers le Sud et de l’Ouest vers l’Est comme l’illustre la figure n°1 ci-après. En effet, les précipitations atteignent près de 2000 mm dans les zones les plus arrosées au Nord et descendent en deçà de 100 mm dans les zones arides du sud du pays. Ainsi, le taux des apports en eau naturelle par habitant varie de 370 m3/hab./an dans les bassins pauvres en ressources en eau (Sahara, sud de l'Atlas et Souss- Massa groupés) à 1.100m3/hab./an en moyenne pour les bassins du Loukkos, du Tangérois et des Côtiers méditerranéens réunis. Les deux bassins du Sebou et de l'Oum Er Rbia concentrent près de 50% des ressources en eau du pays. De surcroît, les principales agglomérations et activités économiques sont localisées essentiellement dans la région du Centre-Ouest qui n'est pas suffisamment riche en eau. C- Impact sévère des changements climatiques:
Les changements climatiques se répercutent de manière plus accentuée sur les régions arides et semi-arides comme celle du Maroc et influencent considérablement le cycle hydrologique. Ils accroissent par ailleurs les risques liés aux phénomènes météorologiques extrêmes tels que les sécheresses et les inondations. Sous l’effet négatif de ces changements climatiques sur le régime des précipitations, la moyenne nationale des apports en eau de surface au niveau des sites de barrages a chuté de l’ordre de 20% au cours des trente dernières années. D- Potentialités hydriques limitées: Sur l'ensemble des ressources en eau disponibles, résultant de la pluie efficace, évaluées actuellement à 22.2 Milliards de m3, seulement 16.9 Milliards de m3 dont 13,1 milliards sont des eaux superficielles sont mobilisables dans des conditions techniques et économiques acceptables. Par ailleurs, l'eau de surface, qui représente les trois quarts du potentiel hydrique, subit des fluctuations d'apports importantes selon l'hydraulicité de l'année. La figure n°2 ciaprès met en évidence le contraste qui marque la distribution géographique des apports par bassin versant. Le potentiel en eaux souterraines renouvelables s'élève à un peu plus de 3.8 Milliards de m3 réparti sur 80 nappes dont 48 sont superficielles.
Présentant des avantages certains de par leur bonne répartition géographique, leur facilité de captage et leur moindre vulnérabilité aux aléas climatiques et à la pollution, les ressources en eau souterraine jouent un rôle important dans le développement socio-économique du pays en assurant notamment l'approvisionnement en eau des populations rurales et les fournitures pour l’irrigation. L’effort de mobilisation des eaux souterraines, entrepris depuis 1961, a permis un développement sans précédent de l’exploration et de l’exploitation de l’eau souterraine. La réalisation d’un linéaire moyen de près de 100 km par an en puits et forages d'eau notamment ces deux dernières décennies a permis de disposer d'un volume annuel de près de 3.4 Milliards de m3 par an. En revanche, le volume des ressources en eau souterraine effectivement prélevé est estimé à 5 Milliards de m3 par an; ce qui est excessif. Les nappes phréatiques arrivent à saturation et le seuil critique est d’ores et déjà atteint à cause d’une surexploitation dictée parfois par l’insuffisance voire l’indisponibilité des eaux de surface alors que la demande en eau est toujours grandissante.Cette exploitation abusive des eaux souterraines est enregistrée, comme le montre le graphe n°1 ci-dessous, dans la majorité des bassins versants. Cette situation impose donc l’engagement de mesures urgentes et efficaces pour limiter le tarissement des nappes et anticiper l’apparition de crises sociales. |
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