INTEGRATION DU GENRE DANS LA POLITIQUE DU SECRETARIAT D’ETAT CHARGE DE L’EAU

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Le Maroc enregistre depuis plus de deux décennies, une évolution notable en matière de droits humains en général et de droits des femmes en particulier. Cette évolution a été marquée par la révision des lois discriminatoires et par l’adoption de politiques publiques visant à réduire les inégalités de tout genre.

Ces acquis, impulsés par la Volonté Royale, ont été confortés par la nouvelle constitution de 2011, qui institue de façon claire la notion d’égalité et de parité. De ce point de vue, il y aura un avant et un après juillet 2011. Depuis, la question du genre est au cœur des réformes et des programmes tant pour les pouvoirs publics que pour la société civile.

Concrètement, le Gouvernement marocain a lancé le Plan Gouvernemental pour l’Egalité 2012-2016 « ICRAM », qui vise la promotion des conditions des femmes marocaines. De plus, la réforme de la Loi Organique relative à la Loi de Finances (LOF) constitue une voie de progrès vers l’effectivité de la coordination des politiques publiques. Son principe de base consiste à lier les dépenses publiques aux résultats, dans le but d’évaluer l’efficacité des politiques publiques, en prenant en considération les besoins différenciés des populations cibles afin d’améliorer leur impact, notamment, d’un point de vue genre.

De son côté, le Secrétariat d’Etat chargé de l’Eau (SEE) est partie prenante de :

  • Plan Gouvernemental pour l’Egalité à travers l’institutionnalisation des mécanismes de l’égalité, le renforcement des capacités des intervenants pour intégrer l’approche genre dans les budgets, la fourniture de l’eau potable en milieu rural, et le renforcement de la représentativité des femmes dans les postes de responsabilité ;
  • la loi organique relative à la loi de finance en application de la circulaire de M. le chef du gouvernement 4/15.

De ce fait, l’approche genre ne peut plus être une simple option, mais une approche prise en compte dans la politique intégrée des ressources en eau au Maroc. Cela est d’autant plus nécessaire dans un contexte marqué par le changement climatique dont les impacts sur ces ressources en eau affecteront en premier lieu les couches les plus défavorisées. Ces impacts qui se font sentir par la population surtout dans le milieu rural ou leurs effets négatifs rendent leur vécu de plus en plus difficile, surtout pour les femmes et pour les filles.

Dans ce sens, le SEE a élaboré et a démarré la mise œuvre de sa propre feuille de route pour la question d’adaptation aux changements climatiques avec la considération de l’approche genre. Six priorités dominent nos actions dans l’intégration de cette approche dans notre politique:

  1. l’action de la connaissance de l’approche genre et son intégration dans les politiques publiques sous le prisme droit humain. Cette connaissance nous l’avons concrétisé pour les responsables et les cadres du Département de l’eau, des Agences de bassins hydrauliques et de l’Office National de l’Electricité et de l’Eau potable ONEE via des formations et des voyages d’échange au Maroc ou à l’étranger avec le concourt de nos partenaires la GIZ et la CTB;
  2. l’action de la réorganisation budgétaire annuelle en trois programmes : i) pilotage et gouvernance, ii) programme gestion, préservation et développement de l’eau, iii) météorologie. La budgétisation sensible au genre (BSG) a été intégré par le département de l’eau depuis 2015 pour les études et l’assistance technique dans le domaine ce qui a permis la réalisation de l’étude de la stratégie d’institutionnalisation de l’intégration du genre dans le secteur de l’eau et la réalisation des études de cas pour l’identification et l’évaluation des indicateurs genre pour des programmes réalisés par les divers entités de ce département tel le programme d’approvisionnement en eau potable (AEP) et d’assainissement (ASS) des écoles en milieu rural. A aussi que la BSG est pris implicitement et visiblement en compte dans les projets d’AEP et d’ASS. L’année 2017 connaitra la prise en compte du genre dans des études et projets nécessitant la prise en compte de la population selon le genre depuis les études de conception des projets de développement des ressources en eau à travers les études d’impact sur l’environnement jusqu’à leurs mise en œuvre et leurs suivi-évaluation ;
  3. l’action d’institutionnalisation de cette approche à travers l’étude de la Stratégie d’institutionnalisation de l’intégration du genre dans le secteur de l’eau qui est réalisée dans le cadre de la convention signée avec l’ONU Femme. L’analyse multidimensionnelle qui a été réalisé dans le cadre de cette étude a fait ressortir les constats et les défis au niveau de toutes les études stratégiques et de planification de l’eau, ainsi qu’au niveau des différents programmes et projets du secteur de l’eau. Ceci a permis de ressortir quatre axes stratégiques  d’action par à savoir : le développement d’une capacité institutionnelle pérenne pour assurer l’ancrage de l’égalité de genre dans le secteur de l’eau; l’Intégration de l’approche genre dans la Gestion des Ressources Humaines  et renforcement de l’égalité des chances pour l’accès des femmes aux postes de responsabilité, puis l’intégration de l’égalité du genre dans les métiers de l’eau et enfin l’Intégration de l’approche genre dans les programmes réalisés et qui concernent le développement des ressources en eau au sein du département de l’eau qu’avec les partenaires du secteur;
  4. L’action réglémentaire : en effet, la nouvelle loi sur l´eau (Loi 36-15) souligne « la prise en compte du droit à l´eau et de l´approche genre dans la gestion des ressources en eau, notamment, à travers la représentation des associations féminines dans les institutions prévues par la loi sur l´eau. » Il dit également que « cette loi repose sur des principes fondamentaux parmi lesquels la domanialité publique de l´eau, le droit de tous citoyenne et citoyen à l´accès à l´eau et à un environnement sain, la gestion de l´eau selon les pratiques de bonne gouvernance qui inclut la concertation et la participation des différentes parties concernées, la gestion intégrée des ressources en eau en assurant la solidarité spatiale, la protection du milieu naturel et la promotion du développement durable et l´approche genre en matière de développement et de gestion des ressources en eau. » ;
  5. Le renforcement du rôle de la femme dans la gouvernance du secteur. Les efforts déployés par le Ministère ont permis d’atteindre un taux de 30% de femmes responsables aux niveaux central, régional et provincial ;
  6. La mise en œuvre effective de la prise en compte de l’approche genre dans des programmes d’infrastructures comme celui de l’approvisionnement en eau potable et d’assainissement des écoles en milieu rural, des barrages et des aménagements des cours d’eau.

 

RAPPORT GENRE ACCOMPAGNANT LA LOI DE FINANCES