Barrage Youssef ben Tachfine

 

 
La plaine des Chtouka constitue la prolongation naturelle de la plaine du Souss en direction du Sud-Ouest. Cette plaine, limitée au Sud par l'oued Massa, est soumise à un régime pluviométrique sévère: la moyenne des précipitations se situe autour de 200 mm par an et leur grande variabilité d'une année sur l'autre ne permet d'escompter qu'un minimum certain de 100 mm/an.
 
L'agriculture en sec dans ces conditions est très aléatoire et il n'est raisonnablement possible de pratiquer que des cultures irriguées. C'est ainsi que les habitants de la région en exploitant la nappe phréatique grâce à des milliers de puits équipés de norias et, plus tard, de motopompes, avaient réussi à mettre en valeur quelques 2.800 ha de terres agricoles: il s'agissait cependant là de la limite permise par les ressources de la nappe.
 
Aussi pour donner un nouvel essor à cette région dont les richesses majeures sont la terre, le barrage de Youssef Ben Tachfine, après plus de vingt années de patientes et fructueuses études, était édifié sur l'oued Massa et mis en eau en 1972.

Dans un contexte géologique de quartzites dures et de schistes compressibles particulièrement hétérogènes, le parti retenu a été celui d'un ouvrage souple en enrochements et alluvions à noyau étanche vertical en limon. Cette digue contrôle un bassin versant d'une superficie de 3.800 km2 et régularise des apports extrêmement irréguliers estimés à 160 Mm3/an et provenant de quelques crues brèves et violentes.
 
Cet ouvrage a permis de moderniser 1.200 ha de l'ancien périmètre irrigué de Tassila dans la vallée de l'oued Massa, et surtout de créer dans la plaine des Chtouka un périmètre moderne d'une superficie de 18.000 ha consacré essentiellement aux primeurs et aux agrumes.