

Situé entre le Rif et l'Atlantique, le bassin du Sebou couvre 40 000 km2 et draine des apports dont le volume annuel est estimé à 5.600 Mm3. Le développement du bassin de Sebou a été, dès l'indépendance, au centre des préoccupations gouvernementales en raison de ses richesses hydriques, du potentiel important en terres irrigables qui couvre une superficie géographique de l'ordre de 616.000 ha sur une superficie agricole utile est de 388.000 ha; et la nécessité de protéger cette dernière contre les effets dévastateurs des crues, particulièrement celle de l'Ouergha, principal affluent de l'Oued Sebou.
Le Conseil Supérieur de l'Eau et du Climat a examiné dans sa session de Mai 1988, le plan d'aménagement des eaux de l'Ouergha et a recommandé la réalisation du Barrage Al Wahda. De par sa situation privilégiée à l'aval du bassin et sa grande capacité de stockage, ce barrage permet un contrôle quasi total des apports de l'Ouergha. Les principaux impacts induits par ce projet sont:
- Le développement agricole grâce à l'extension des superficies irriguées et à l'intensification de l'agriculture sur 100.000 ha dans la plaine du Gharb et 15.000 ha dans la vallée du Bas Ouergha. Ce projet engendrera une augmentation importante des productions agricoles. Ainsi à titre d'exemple, les productions des cultures industrielles, maraîchères et rizicoles connaîtront des augmentations respectivement de près de 1.130.000, 465.000 et 27.000 tonnes. De même, le secteur laitier enregistrera un surplus de production de plus de 173 millions de litres. L'irrigation entraînera également une amélioration sensible des revenus des agriculteurs. En effet, la marge nette de production sera multipliée par quatre.
- La réduction des dégâts causés par les inondations dans la plaine du Gharb par le laminage des crues de l'Oued Ouergha, grâce à une gestion appropriée de la retenue (tranche de retenue réservée à l'écrêtement des crues pouvant atteindre 1000 Mm3 en hiver). Associé à l'endiguement du bas Sebou, le barrage réduira la fréquence et le volume des débordements dans la plaine du Gharb. Les volumes débordés seront en moyenne réduits de plus de 90%.
- La valorisation de l'eau mobilisée pour la production d'énergie hydro-électrique: La puissance installée de l'usine Al Wahda représente 22% de la puissance installée totale du parc hydro-électrique. Elle permettra de produire près de 400 millions de Kwh par an en moyenne, représentant 16 % de l'ensemble de la production hydro-électrique. Cette production permettra de participer à la satisfaction des besoins énergétiques, notamment pendant les heures de pointe et les heures pleines, soit 2000 à 3000 heures par an.
- Le transfert d'un volume de plus de 600 Mm3 par an vers les régions plus au Sud au profit de l'alimentation en eau potable et industrielle de la région de Casablanca et de l'irrigation des zones agricoles au Sud de Rabat.
Avec une hauteur de 88 m et un volume de retenue de 3.800 Mm3, le Barrage Al Wahda constitue le plus grand barrage du Royaume. Il permet la régularisation de 1.740 Mm3 par an.

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