

Limitée au Nord par la plaine de la Chaouia et à l'Est et au Sud par le plateau des phosphates, la plaine des Doukkalas qui s'étend sur une superficie irrigable de 100.000 ha constitue une importante unité la modernisation des exploitations et la diversification des cultures introduisant des assolements plus rémunérateurs qui induisent un important développement socio-économique de la région. Aussi, par sa situation géographique à proximité des plus grands centres urbains et en particulier de Casablanca et d'El Jadida, l'activité principale dans cette zone s'est orientée vers la valorisation des matières premières nationales et vers l'exportation. Son épanouissement ne pouvait s'accélérer qu'avec une mobilisation accrue des ressources en eaux superficielles compte tenu des pénuries induites par son climat aride marqué par une faiblesse et une irrégularité des précipitations.
Ainsi, il était nécessaire d'opérer un transfert des eaux à partir de l'Oued Oum Er R'bia qui draine annuellement 3700 Mm3 d'eau au niveau de son embouchure, ce qui a nécessité la construction de l'important barrage réservoir d'Al Massira. Cet ouvrage constitue la pièce maîtresse d'un vaste programme d'aménagement constitué de 12 barrages qui permettent de régulariser près de deux milliards de m3, soit 16,3% du potentiel national d'eau de surface régularisable. Ce programme permettra l’irrigation de 250.000 ha, la production de 1.300 Gwh en année moyenne (près de 30 % du productible moyen national en énergie hydro-électrique), et l’AEPI d’une dizaine d'agglomérations, lui réservant 500 Mm3 par an.
Ce barrage crée l'une des plus importantes retenues du Maroc et permet de régulariser annuellement 1.400 Mm3 destinés à la fourniture d'eau potable et industrielle principalement des centres côtiers entre Rabat et Safi, l'irrigation de 100.000 ha dans les Doukkalas et la production moyenne de 221 Gwh d'énergie de pointe .
Le barrage Al Massira est situé à 70 Km au Sud Est de la ville de Settat, à l'entrée d'une gorge que l'oued Oum Er R'bia a creusée dans les roches quartzitiques. La géologie du site a conduit au choix d'un barrage en béton à contreforts pour l'ouvrage principal et d'une digue en enrochements avec noyau étanche pour les deux digues de col. Les matériaux de construction proviennent des alentours immédiats de l'ouvrage, le barrage est arasé à la côte 289 NGM, soit 82 m au-dessus de la fondation rocheuse.
La variante retenue est constituée par 15 contreforts, 4 contreforts avec l'évacuateur de crues et la vidange de fond, 2 contreforts avec les prises usinières et 6 plots massifs. L'ensemble de ces contreforts permettent un développement en crête de 390 m et ont nécessité la mise en place d'un volume de béton de 354.000 m3. Les digues de col, de 26 et 10m de haut, sont en enrochements avec un noyau, un tapis et un diaphragme étanche en conglomérats. Le volume total de remblais mis en place pour la construction de ces deux digues de col s'élève à 1.275.000 m3.

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