

Le barrage Aït Ouarda a été construit de 1948 à 1957 à quelques kilomètres à l'aval du barrage de Bin El Ouidane. Cet ouvrage, en arc de 43 m de hauteur et de 120 m environ de longueur, est édifié dans les roches calcaires d'une gorge étroite et profonde. Il a été créé ainsi en bassin de compensation d'une capacité de 4 Mm3, dont le remous de la retenue s'étend pratiquement jusqu'à l'usine de Bin El Ouidane.
De cet ouvrage de compensation et de prise, une galerie d'amenée en légère pente de 10,5 Km et d'un diamètre de 4,5 m, calibrée pour un débit de 48 m3/s, aboutit à une cheminée d'équilibre d'où deux conduites forcées et une conduite de décharge en superstructure dévalent sur une hauteur de 225 m jusqu'à l'usine d'Afourer, qui produit annuellement 350 millions de kwh.
L'une des particularités de cette installation réside dans le fait que deux des conduites forcées amènent l'eau à l'usine, tandis que la troisième a été aménagée à la fois pour servir de décharge et pour assurer la desserte de la zone des Béni Moussa en cas de panne d'une turbine ou de l'ensemble de l'installation. Le barrage du type voûte, à parements cylindriques d'un rayon de courbure de 60 m est équipé de 5 Vannes segments permettant d'évacuer un débit de 2700 m3/ s.
Dans cet aménagement, seule la construction de la galerie d'amenée vers Afourer, à travers des roches calcaires et dolomitiques, a présenté de très grandes difficultés, car il fallut non seulement traverser près de 3 Km de couches marno-gypseuses mais faire face à l'afflux d'abondantes venues d'eau à 15 Kg/cm2 de pression, qui nécessitèrent de nombreuses injections sur quelques 2,8 Km de galerie. Ces venues d'eau ont imposé une quasi imperméabilisation préalable du terrain d'attaque à l'aide de sondages injectés suivant 2 ou 3 auréoles en forme de troncs de cône emboîtés. Les injections sub-horizontales ont été faites jusqu'à 90 m à l'intérieur du terrain.

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